Pourquoi j’ai choisi d’accoucher en maison de naissance – partie un

Je ne suis pas granole dans la vie. Je crois à la technologie, à Netlfix, au micro-ondes, au savon à linge du commerce. Je ne me tricote pas des bobettes en chanvre dans mes temps libres.

Je ne suis pas non plus une méga-fan de la douleur. Je choisis l’anesthésie quand je vais chez le dentiste (en format méga-dose si possible), je sacre comme un gars de shop quand je me cogne le petit orteil sur un meuble, je demande à mon chum de me mettre un Band-Aid quand je me coupe car je ne supporte pas la vue de mon propre sang.

Je suis aussi convaincue de l’utilité de la médecine moderne. J’ai l’intention de faire vacciner mon enfant tel que recommandé, je prends des Tylenol sans culpabilité quand un mal de tête se pointe, je vois un médecin lorsque nécessaire (bien que j’aime aussi beaucoup me diagnostiquer via les Internets… ce qui n’est pas sans risque ni sans hilarité).

Mais j’ai quand même choisi d’accoucher en maison de naissance.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, la maison de naissance est un endroit où les femmes enceintes sont suivies par des sages-femmes plutôt que par des médecins et où on peut accoucher. C’est un peu l’entre-deux entre accoucher à la maison et accoucher à l’hôpital.

Quand on choisit d’accoucher en maison de naissance, on renonce donc au suivi de grossesse médical traditionnel. Je suis à 39 semaines de grossesse et encore personne n’a inséré quoi que ce soit dans mon vagin pour voir si je commençais à dilater par exemple. Et on renonce aussi au support médical et médicamenteux de l’accouchement (pas d’hormones pour déclencher ou accélérer le travail, par exemple et… pas de péridurale).

Quand on a annoncé notre choix de faire notre suivi avec une sage-femme et d’accoucher en maison de naissance, on a souvent eu droit à des regards étonnés et à une grande question presqu’automatique : « Pourquoi??? »

Et c’est une bonne question! Parce qu’on dirait que le seul choix qu’on a fait dans ce processus c’est entre un accouchement « sans douleur » et un accouchement à l’ancienne sur un lit de fer forgé en-dessous d’un crucifix accompagné d’une madame qui te sacre des lignes humides dans l’entre-jambe pis des feuilles de chou sur les mamelons en récitant le Notre père pendant que tu t’acharnes à pousser un être humain miniature de ton tréfonds.

Mais ce n’est pas tout à fait ça, le choix qu’on a fait. Et il y a plusieurs raisons qui nous ont poussés vers cette décision. Elles sont toutes très personnelles. Et elles ne constituent aucunement un jugement sur la façon de procéder de la plupart des gens qui devront passer par l’étape d’un accouchement pour accueillir un bambino dans leur famille. C’est juste que, pour nous, c’était l’option la plus raccord avec notre façon de vivre la grossesse et l’accouchement. Cette fois-ci.

Et on s’entend que j’écris ce texte AVANT d’avoir accouché, donc peut-être que ma position aura changé dans l’après. Mais pour le moment, voici le pourquoi de notre cheminement.

Un état d’esprit discordant

J’ai commencé mon suivi de grossesse avec un gynéco dont on m’avait vanté le côté « humain » et la belle humeur. Je me suis pointée à ce premier rendez-vous pour une première grossesse avec mon petit bonheur au creux du cœur et des questions et des inquiétudes de femme enceinte pour la première fois. Oui, elles sont épaisses, ces inquiétudes et sont sûrement redondantes pour un professionnel de la santé qui les a entendues mille fois (Docteur, est-ce que je risque une fausse couche si j’atchoume très fort?). Et y a rien d’exceptionnel pour un gynéco qui passe son temps à suivre des grossesses de suivre la tienne. Même si c’est ta première, même si t’es contente as fuck de vivre ça, même si ton enthousiasme à toi est accoté dans le plafond. Le sien se gère très bien.

Et donc, j’ai profité d’un beau gros 5 minutes avec mon médecin pour parler de ma première grossesse, des étapes à venir et poser mes questions nunuches. Et je suis ressortie avec une pile de prescriptions qu’on n’avait pas eu le temps de m’expliquer. Et on avait pris environ 3 minutes de mon rendez-vous pour parler des risques d’avoir un enfant trisomique à mon âge (tsé, 38 ans…) et de l’importance de faire tous les tests possibles et imaginables pour s’assurer que ce ne serait pas le cas et que dans l’éventualité que ce serait bien le cas, je devrais me débarrasser de cet enfant sans flapper un cil.

J’ai pleuré dans le char, encore dans le parking de la clinique. Et je me suis dit que je ne voulais pas de ce genre de suivi pour ma première (et probablement seule) grossesse.

Le problème, c’est que la grossesse est souvent vue par la médecine moderne comme une autre maladie, presqu’un ennemi à encadrer, contrôler, défaire. Mais, dans les faits, une grossesse qui se passe normalement, sans complication, qui suit son cours, ça n’est pas la même chose qu’une maladie. Et ça devrait être vécu comme un beau moment, naturel, normal, humain et non pas comme une catastrophe en devenir.

Donc, quand on me demande en lien avec un accouchement en maison de naissance « Ouin mais, d’un coup que quelque chose va mal? », ma seule réponse c’est de dire « Ouin mais, d’un coup que toute va bien? »

L’hôpital… beurk

Pour moi, avoir un bébé, c’est un beau moment. C’est quelque chose que je veux vivre dans un environnement  agréable, rassurant, sécurisant, chaleureux.

Et l’hôpital incarne tout le contraire. L’hôpital, c’est l’endroit où j’ai vécu ma part de souffrance (j’ai connu quelques hospitalisations par le passé et je n’en garde pas de souvenirs qui font chaud au cœur). Un endroit où on m’a parfois fait des interventions contre mon gré, sans m’expliquer, sans me prévenir, sans que ma volonté ou mon opinion ne semble compter beaucoup.

C’est aussi l’endroit où mon cher papa a vécu ses derniers jours de vie et a rendu son dernier souffle, après une longue maladie.

Ce n’est pas le genre d’endroit où je m’imagine serrer la pince de mon garçon pour la première fois.

C’est un choix éclairé

Accoucher en maison de naissance, c’est l’aboutissement dans mon cas d’une longue réflexion. Quand nous sommes allés visiter la maison de naissance pour une séance d’information, je n’étais pas prête à signer tout de suite pour un suivi avec une sage-femme. Il a fallu que j’y pense longuement. Que je me tâte. Que je pèse le pour et le contre.

Dans les pours, il y a bien sûr le suivi personnalisé, le temps de qualité passé avec la sage-femme, sa disponibilité, son humanité, son intérêt envers ta grossesse, ton bébé, ton expérience.

Il y a aussi l’environnement moins médical, plus naturel, moins austère.

Il y a les explications, la possibilité de faire des choix pour tout ce qui concerne la grossesse et l’accouchement, des interventions à faire, des tests à passer en passant par les personnes que tu souhaites inviter à l’accouchement. Dans notre cas, y en n’a pas, mais ça reste une possibilité!

Dans le contres, bah… la douleur bien sûr! C’est la seule chose qu’on retient souvent de la naissance. L’accouchement et ses sept douleurs. Y a toujours quelqu’un pour te raconter les 30 heures de souffrance sans nom qu’elle a endurées pour enfin donner naissance à son enfant, une autre pour te dire qu’elle a eu besoin de 30 points de suture après, etc. Personne ne va accoucher en se disant que ce sera une partie de plaisir, j’imagine. En tout cas, pas moi. Et l’éventualité de le faire « à frette » m’a fait beaucoup hésiter avant de choisir la maison de naissance.

Et y a bien sûr les risques que quelque chose vire mal. Pour le bébé ou pour moi. Un accouchement, c’est un peu comme marcher sur un fil de fer. Ça va bien tant que ça va bien. Mais quand ça va mal, ça peut vite tourner au cauchemar. Mais voilà, il y a environ 90% des accouchements qui se passent bien, sans tragédie, sans catastrophe. On dirait qu’on tend à l’oublier et à retenir ce qui a mal été. C’est un trait très humain.

Mais il faut être conscient que ça se peut que ça tourne mal. Et qu’on ait besoin de soins médicaux à un moment donné. Ni la maison de naissance ni nous en tant que parents n’avons l’intention de mettre une vie en danger pendant le processus. C’est clair pour tout le monde, et nous prendrons les décisions en conséquence le moment venu. Il faut vivre avec ce risque, mais on est prêt à ne pas le laisser nous consumer pour le moment. Et le risque zéro n’existe pas. Ni en maison de naissance ni à l’hôpital. Accepter l’aventure de la grossesse, c’est aussi accepter cette réalité.

Finalement, après beaucoup de questionnements et de tâtonnage d’âme, j’avais vraiment plus peur d’accoucher à l’hôpital que d’accoucher sans péridurale… Et le choix s’est fait naturellement.

C’est un texte que je voulais écrire non seulement pour répondre au fameux « pourquoi » mais aussi pour moi, pour me rappeler mes bonnes raisons si jamais pendant l’accouchement ma résolution faiblit et que je me mets à questionner mes choix de vie et mon équilibre mental. Ou mon choix de me reproduire tout court.

Je compte bien faire une deuxième partie post-accouchement, question de livrer mes impressions, mon expérience, ce que je retiens de tout le processus.

En attendant, je me prépare à vivre cette aventure l’esprit ouvert, tout autant que le périnée. Le prochain billet de blogue sera sans doute rédigé d’un seul œil, l’autre m’assurant que ma progéniture, la plus parfaite au monde, ne manque de rien. À bientôt, de l’autre côté de la maternité!

Truc du mois : les boissons sans alcool

Pour le mois de mars, j’ai pensé vous offrir un texte qui combine mes deux préoccupations du moment : la gestion du poids et la gestation.

A fortiori, il n’y a pas grand parallèle à faire entre la grossesse et la perte de poids. Vite de même, on pourrait même penser qu’elles sont à l’opposé du spectre. À un bout du spectre, la job du corps est de prendre du poids pour assurer le développement d’un mini-humain et on a très peu de contrôle sur le processus. À l’autre, on essaie d’encadrer le poids, de le faire aller dans la direction désirée.

Mais quand on y songe bien, il y a quand même quelques similarités.

Même si certains voient la grossesse comme un moment « all you can eat » où on laisse tout aller et on se gave de peu importe ce qui nous fait envie, dans la réalité, on comprend que se nourrir de Fritos et de Billots roses n’est pas super optimal ni pour la maman ni pour le petit passager. C’est donc une bonne idée de choisir judicieusement nos gâteries et de s’assurer que notre alimentation n’est pas une cabane à sucre permanente.

Et une bonne façon de garder le contrôle sur les calories inutiles (ou peu productives) est de garder un œil sur ce qu’on boit, un conseil qui est super valide quand on veut aussi perdre du poids ou le  maintenir.

Évidemment, ce qui aide beaucoup enceinte, c’est qu’on renonce à l’alcool. Pour ma part, c’est la source principale de mes calories liquides quand je ne suis pas en train de manufacturer de l’humain.

Mais attention : sans alcool ne veut pas dire sans calories, bien au contraire. Dans un rhum and coke, ce n’est pas surtout l’alcool qui fait du tort au budget calorique…

Comme toujours, n’écoutant que mon grand cœur, j’ai décidé de payer de ma personne et de tester les options sans alcool qui s’offrent à nous, enceinte ou pas Et voici donc mes meilleurs choix quand on veut prendre le virage faible en calories et sans alcool, mais quand même bon en bouche. Lire la suite

La fois où j’ai appris que j’étais enceinte

Le 6 octobre 2017, c’est le moment où j’ai appris que j’étais enceinte. Je me doutais un peu que quelque chose se tramait dans mon corps. J’étais suspicieuse. J’avais quelques symptômes louches. Pas des symptômes classiques de possible grossesse. Pas de nausées matinales, pas de fatigue extrême, pas de flambée d’acné (ça viendrait plus tard, je ne perdais rien pour attendre) ou de poitrine spectaculairement augmentée. Moi, c’était plutôt : mal de fesses, crampes de menstruations qui déclenchent jamais, congestion des sinus et… flaque de bave sur mon oreiller (oui, ce sont tous des signes précoces de grossesse, btw). Et je pensais peut-être que je remplissais un peu mieux mon soutien-gorge. Mais rien pour partager sur Facebook.

Mais je me disais que ça pouvait être bien des choses. Je revenais d’un voyage outre-mer. Ça fout le bordel dans un corps, le décalage. J’étais stressée à la job. Je m’entraînais pas mal. J’étais peut-être pré-ménopausée… ou j’avais une maladie quelconque (Endométriose? Fibrome? Tumeur? L’Internet me disait que les possibilités étaient quasi-infinies).

Ou j’étais enceinte.

Petits chaussons

À mon 15e jour de retard, je me suis décidée à faire un détour par le Jean Coutu. Juste pour être certaine.

Premier choc de cette maternité non-encore confirmée : cibole! Y a du monde qui paye 23 piasses pour un test de grossesse??? Y fait quoi de plus? Y a des ballounes pis des lumières stroboscopiques qui sortent du cossin si c’est positif?  Y a toujours ben des limites à déplier le cash pour quelque chose qui ne sert qu’à être trempé dans le pipi! J’ai pris celui à 6$, made in China. Et deux cannes de Fancy Feast pour le chat. Ce que j’appelle aussi : la combinaison d’achats la plus weird de ma vie. Ça s’invente pas. Lire la suite