Tirer le meilleur de la balance en perte de poids

J’ai une relation trouble avec ma balance. En ce moment particulièrement, elle me fait flipper (pour ne pas dire un gros mot qui rime avec flipper). Je reviens de voyage. J’ai passé deux semaines au pays de la morue à la crème et du vin à 4 piasses. Et du porto. Et de la sangria. Et des desserts ben ben ben riches. Et je n’ai pas amené mon journal alimentaire dans mes bagages. That’s a lie. J’avais mon téléphone avec moi, bien sûr. Mais je n’avais aucune intention de logger pendant mon voyage.

C’était un test pour savoir comment je m’en sortirais en liberté. Réponse : isch. J’ai pris du poids. La balance me dit 5 livres. Elle affiche sans cesse 160. Ça m’angoisse, ça m’exaspère, ça me frustre, ça me fait chier. Tiens, c’est dit.

Morue à bras

Morue à la crème portugaise avec juste un peu d’huile d’olive…

Ça fait un mois que je suis revenue et j’ai repris mes bonnes habitudes. Grâce à celles-ci, je devrais être en train de perdre une livre par semaine. Donc, je devrais me rapprocher à nouveau des 155 livres. Mais la balance affiche toujours 160.

Quiconque a essayé de perdre du poids a connu au moins une fois un désir intense de tirer sa balance au bout de ses bras. Et de piétiner les restants. Je suis en plein dedans en ce moment et ça me donne le goût de réfléchir au fait que la balance peut être à la fois une grande alliée de la perte de poids mais aussi une grande saboteuse.

Dans la fascinante industrie de la gestion du poids, il y a une idée qui circule que de se peser peut être néfaste pour la perte de poids. Plusieurs gourous suggèrent même de remiser la balance et de ne se fier qu’à ses vêtements pour savoir si on progresse.

Pourquoi? Paraît que la balance nous démotiverait quand on ne perd pas ce à quoi on s’attendait et nous rendrait trop au-dessus de nos affaires si on perd le poids comme prévu.

J’ai un malaise avec cette façon de faire. À mon avis, ça revient à demander à quelqu’un de conduire une voiture à 100 km/heure mais de ne pas lui donner de compteur de vitesse et de lui dire de se fier aux arbres qui défilent pour juger de son progrès.

C’est essentiel dans une perte de poids de savoir si nos efforts d’alimentation, d’activité physique et de motivation portent fruit. La balance nous permet de savoir si on avance vers notre objectif.

Mais pour que la balance joue ce rôle, il faut garder quelques petits trucs en tête et ne pas lui donner une plus grande importance que ce qu’elle est vraiment : un indicateur du progrès.

C’est quoi, les trucs à garder en tête? Ha! Excellente question!

Une balance, c’est bête et méchant

Ça calcule ton poids au moment où tu montes dessus, c’est-à-dire la masse totale de toutes les parties de ton corps à un moment donné. Ça ne fait pas la différence entre du muscle, du gras, des os, des vêtements, une vessie pleine, si tu tiens ton chat dans tes bras, si t’as des cailloux dans tes poches, etc.

Et donc, ça donne un résultat à peu près.

La balance est tellement un outil peu fiable pour mesurer son poids qu’il y a des crinqués de fitness qui ne supportent pas cette ambiguïté et qui payent du bon argent pour avoir une lecture exacte de leur poids en s’immergeant dans des grands réservoirs d’eau.

Je ne peux pas dire que je n’y ai jamais pensé moi-même. Mais c’est une histoire pour un autre moment.

Pour lui donner une chance de faire une job correcte à la balance, il faut éliminer le plus possible les variantes quand on monte dessus. Donc, se peser au même moment de la journée, dans les mêmes conditions (soit toujours porter les mêmes vêtements soit y aller pour la glorieuse nudité), faire un détour par la toilette avant de se peser, etc.

De cette façon, on maximise nos chances d’avoir une lecture moins déficiente.

Le poids, ça fluctue pour tout plein de raisons

Le plus important de se rappeler : même si on a fait tout ça : on monte sur la balance après avoir fait pipi, dans toute sa splendeur nue et pile poil au même moment de la journée, ça se peut quand même que le poids qu’on lit ne soit pas tout à fait honnête.

Le corps, c’est pas une voiture. Et la perte de poids, c’est pas une vidange d’huile. Y a tout plein de choses qui se passent à l’intérieur et qui peuvent avoir un effet sur le poids. Comme quoi, me direz-vous? Ben ça va du plus évident au plus futile!

  • T’as mangé salé, tu risques de faire de la rétention d’eau.
  • T’as mangé des glucides, ton corps stocke du glycogène.
  • T’as bu de l’alcool, t’es déshydraté.
  • T’as mangé un gros repas la veille et t’as pas eu le temps d’éliminer.
  • T’as fait une séance de sport très intense et donc tu peux faire de l’inflammation.
  • T’as pris un médicament qui te fait faire de la rétention d’eau.
  • T’es constipée. T’as fait de la fièvre. T’es une fille et tes hormones te jouent des tours.
  • Etc. etc. etc.

C’est fussy comme un chat, une perte de poids. Et donc, ce n’est pas parce que la balance n’a pas bougé ou que le poids semble avoir augmenté que c’est le cas. Mais l’inverse est aussi vrai.

Dans ce contexte un peu déprimant, avouons-le, comment fait-on pour se fier à la lecture qu’elle nous donne, cette traîtresse? En faisant comme Bernard Derome une soirée d’élection : en regardant la tendance!

Mesurer son progrès

On remarque ici que malgré des petits hoquets vers le haut, la tendance est à la baisse.

La plupart des applications de journal alimentaire permettent aussi de noter notre poids ce qui peut être utile pour déceler la tendance. Par exemple, si on entre à chaque jour notre poids dans notre application de journal alimentaire, on peut voir si dans la semaine ou le mois le poids est à la hausse, à la baisse ou stable.

Il y a même des applications qui existent pour nous aider à déterminer notre poids « réel » et qui calculent pour nous la tendance. J’ai utilisé True Weight pendant ma perte de poids et ça m’a aidée à normaliser les fluctuations quotidiennes et à me garder concentrée sur le grand portrait.

La perte de poids, ce n’est pas une horloge

Pour perdre une livre, il faut créer un déficit calorique de 3 500 calories en une semaine. Sur papier, c’est assez direct. Une action : couper 3 500 calories. Une réaction : se débarrasser d’une livre.

Mais dans le tous les jours de la perte de poids, ce n’est jamais aussi clair. Il y a eu des semaines où j’avais l’impression que j’avais été slaque sur le contrôle des calories et où je maintenais ma perte de poids d’une livre. Inversement, il y a eu des semaines où je me serais canonisée tellement j’étais sur la coche avec mon alimentation et mon activité physique et qui ne produisaient pas de perte de poids.

Pourquoi? Je ne sais pas trop… Mais j’ai remarqué avec le temps que la perte de poids venait souvent en vague. Il y a même un nom pour ça dans la communauté des diéteux : l’effet « swoosh ».

Simplement présenté, c’est que les efforts qu’on fait n’ont pas toujours un effet immédiat parce que le corps a une tendance à combattre la perte de poids. C’est normal, c’est le rôle de notre corps de se protéger en cas de famine ou de rareté de la bouffe et c’est drette ce qu’on lui fait vivre quand on diminue volontairement notre apport calorique. Et donc, le corps s’oppose jusqu’à temps que ce ne soit plus possible. Et… swoosh, la perte de poids apparaît sur la balance.

Encore une fois, se fier à la tendance et ne pas paniquer si on ne voit pas immédiatement les résultats escomptés peuvent nous aider à diminuer l’impact de ce phénomène sur notre motivation.

Trouver la bonne fréquence

Les experts de la perte de poids sont frileux avec la balance. Ils reconnaissent que c’est un outil incontournable pour mesurer le progrès et savoir si les efforts ont du succès. Mais en même temps, ils nous redisent encore et encore qu’une perte de poids ne se résume pas à un chiffre sur la balance. Et donc, on nous met quand même en garde de ne pas trop focaliser sur le chiffre. Et de ne pas capoter avec la balance.

Et je suis d’accord. Une perte de poids c’est aussi une amélioration dans la forme physique, dans le niveau d’énergie, dans la qualité de vie, etc.

Partant de ce constat, les experts de la perte de poids suggèrent de ne se peser qu’une fois par semaine pour éviter d’accorder trop d’importance au chiffre.

Mais me peser seulement une fois par semaine quand j’étais en perte de poids, ça ne marchait pas pour moi. C’était trop long avant de voir si je progressais vers mon objectif. Et si la balance me faisait un sale coup, ou si j’avais mangé trop salé (ou voir les mille autres raisons qui font que le poids fluctue), ça me démoralisait complètement. J’avais juste le goût de remonter sur la balance le lendemain matin pour voir si c’était rentré dans l’ordre.

Alors c’est ce que j’ai commencé à faire : me peser à chaque matin au saut du lit. C’est ce qui marchait pour moi. J’étais capable de regarder la balance en plein dans le cadran et de lui faire un gros finger quand elle m’affichait quelque chose qui ne faisait pas mon affaire. Et ensuite, je continuais à faire mes efforts. Et j’attendais le prochain swoosh!

Mais en maintien de poids, c’est une autre paire de manche. Monter sur la balance à tous les jours me stresse. Je capote quand le chiffre augmente. J’ai toujours l’impression que « ça y est, je vais recommencer à prendre du poids. » Alors j’ai relaxé la cadence. Je me pèse maintenant une fois par mois, juste pour checker in et voir si tout est sous contrôle et que la tendance est toujours au beau fixe.

En bref, comme pour tout ce qui touche la perte de poids, il faut trouver ce qui marche pour nous dans notre relation avec la balance. Faire des tests et des essais pour s’assurer que la balance joue son rôle : celui d’indicateur du progrès. Et éviter de lui accorder le pouvoir qu’elle n’a pas : celui de déboulonner nos efforts.

C’est ce que je me rappelle à chaque fois qu’elle me flashe son 160…

6 réflexions sur “Tirer le meilleur de la balance en perte de poids

  1. Coucou,
    Ici la balance est une alliée ! Elle m’accompagne, ne dicte jamais mon humeur. Et le constat est simple, loin d’elle, je grossis. Je fais l’autruche avec mes vêtements qui ne me vont plus…. et je ne me vois pas forcément faire mal côté alimentation. Alors cette fois-ci, elle va m’accompagner tout du long, sans contrainte. Je l’ai accepté il y a 5 ans que ma surveillance serait à vie, contrairement à il y a 18 ans!
    J’avais également fait un article sur la balance, il y a un peu plus d’un an et demi (https://blog2melou.wordpress.com/2016/02/23/ma-balance-et-moi/)
    Bon dimanche!
    A+

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  2. Alice dit :

    Il y a aussi les balances avec plusieurs indicateurs qui permettent, quand le poids affiché n’est pas celui que l’on voudrait, de regarder autre chose, comme par exemple si la masse graisseuse a diminué ! Ça m’aide à me motiver pour continuer 😉

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  3. Jeannie dit :

    Bonjour, je viens tous juste de m’inscrire à votre blogue que j’aime déjà beaucoup!!!! Merci pour cet article sur la balance.Cela nous aide à relativiser le chiffre qu’on voit. J’avais besoin de ré-entendre les facteurs en cause dans les variations!!

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