Mes échecs

Ça m’a pris un an et demi pour perdre 72 livres. Quand j’ai commencé, j’avais un objectif de perdre une livre par semaine et je l’ai plus ou moins maintenu pendant 18 mois.

Donc, on peut dire que le processus a suivi son cours et que ça s’est bien passé.

Malgré tout, j’ai quand même vécu pas mal d’échecs pendant ma perte de poids. Et fait pas mal d’erreurs. C’est important pour moi de les partager parce que beaucoup de ce qu’on voit ou lit sur la perte de poids a l’air parfait.

J’ai déjà parlé des photos avant-après que je trouve trompeuses parce qu’elles donnent l’impression qu’un changement comme une perte de poids significative s’effectue du jour au lendemain.

Et on a l’impression aussi que, pour perdre du poids, il faut avoir une démarche exemplaire. Ne jamais faire de mauvais choix alimentaires, ne jamais manquer une journée au gym, ne jamais perdre les pédales au Trésor Chinois.

Voici donc mes plus importants échecs. Et comment les éviter.

Vouloir aller trop vite

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Rien ne sert de courir.. à moins qu’on aime la course!

Je ne suis pas patiente dans la vie. Je veux que tout se fasse tout de suite. NOW! Faire la file pour passer à la caisse raccourcit ma vie de plusieurs années.

Je dois tenir ça de ma mère. À chaque fois qu’on va au resto, elle s’impatiente sur le service. Peu importe le temps que ça prend. Même si on est servies avant de commander… A trouve ça long.

Mais perdre du poids, ça prend de la patience. On ne peut pas tourner les coins ronds. Et c’est très difficile d’accélérer la patente. Mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas essayé.

Je me suis lancée dans l’aventure avec une mentalité « no excuse » assez intense. Fait moins 30? Pas une excuse pour ne pas aller courir! T’as mal à quelque part? Pas une excuse pour ne pas te défoncer au gym! Tu vois des points noirs? Pas une excuse pour manger!

Je racontais à une amie récemment pourquoi je voyais un physio en ce moment.

Moi : Je me suis blessée aux épaules.

Amie : C’est arrivé comment?

Moi : Au gym. J’essayais de faire un plank row. Quand j’ai levé mon bras droit, mon épaule gauche a trouvé ça rushant pas mal. Ça a fait un gros crac. Tellement fait mal que j’ai failli tomber sur la face.

Amie : Et t’as fait quoi quand c’est arrivé?

Moi : Ben j’ai fini mes 15 rep avec le premier bras et j’ai fait l’autre côté.

Amie : …

Résultat : blessure chronique aux deux épaules. Applaudissements de mini-golf.

J’ai subtilement demandé à mon physio si ça arrivait souvent, une blessure en même temps aux deux épaules. Je voulais valider ma normalité. Et il m’a répondu : «les chances sont vraiment pas élevées.» Avec l’air de ne pas vouloir me juger, mais de le faire quand même.

Parce que j’ai voulu aller trop vite, ma routine de gym est bien compliquée depuis plus d’un an. Je ne peux mettre aucune charge sur mes épaules. J’ai les jambes et les abdos en feu tout le temps parce que c’est les seules régions que je peux travailler… Et j’ai dû remettre à plus tard mon projet de commencer le powerlifting. Pas cool.

Et aucune contribution à mon projet de perte de poids. Au contraire, ça aurait pu me démotiver et me pousser à abandonner le gym.

Tout est une question de modération. Il ne faut jamais perdre de vue que l’objectif est le long terme : développer une habitude et la maintenir pour assurer le succès.

Je l’ai appris à mes dépens et c’est l’un de mes plus grands challenges : la modération…

Ne pas prévoir de pause

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La pause est bénéfique lors d’une perte de poids.

Une perte de poids, c’est traumatisant pour un corps. Surtout si c’est une perte de poids significative. Surtout si elle s’étale sur une longue période de temps. Pensons-y, le corps a toujours l’impression qu’il va mourir de faim parce qu’il manque de calories. Et en plus, on le force à être actif alors qu’il aurait juste le goût de se rouler en boule et d’économiser son énergie.

Quand j’ai commencé ma perte de poids, j’avais peur de ne pas respecter mon budget calorique. Pas un léger stress. J’avais peur. Peur qu’en dépassant mon budget, ça me mène à binger comme une malade. À perdre le contrôle. À jeter tous mes efforts par-dessus bord et à reprendre toutes mes mauvaises habitudes drette-là. Et le poids perdu par la même occasion.

Mais est arrivé un moment où mon corps ne suivait plus. Fatigue extrême, incapable de compléter ma routine au gym, déprimée, exécrable avec les gens qui m’entourent. Exécrable plus que d’habitude, je veux dire.

Et une faim délirante constante. Pas juste une envie de manger de la scrap ou de me payer la traite. Un urgent besoin de manger la maison au complet. Je ne pensais qu’à la bouffe, je rêvais que je mangeais, je n’étais jamais satisfaite même juste après avoir mangé. Et, insulte surprême, je ne perdais plus de poids malgré tous mes efforts.

Bref, y avait un problème.

Donc, j’ai googlé le tout. Oui, je me soigne via les interwebs. Non, ce n’est pas une bonne idée. Un jour, je me suis diagnostiqué une leucémie. Mon frère m’a ramenée à la réalité en disant (je cite textuellement) : Mylène, avant de te commander des poches de chimio par Internet, vas donc voir un médecin.

C’était un virus, finalement.

Mais, pour une fois, Google a porté fruit et j’ai découvert le principe de la pause de diète. C’est un truc de bodybuilders. D’accord, ça ne rajoute aucune crédibilité à mon argument. Mais, c’est plein de bon sens.

La pause de diète sert à donner du slaque à son corps et à sa tête. Aux 3 à 6 mois, s’agit de ne plus se restreindre. D’oublier le journal alimentaire pendant au moins une semaine, tout en conservant un horaire normal de repas. Et d’inclure des petits extras. Ce n’est pas un all-you-can-eat-buffet d’une semaine. Mais juste une pause de restriction et de comptage de calories.

Et l’impact sur le poids est minime. Je n’ai jamais pris de poids en faisant une pause. J’ai juste suspendu ma perte de poids. Et après, tout est plus facile. Même que j’avais hâte de revenir à mes habitudes plus saines et à mon journal alimentaire. Tannée de manger, ça se peut!

Avoir un objectif irréaliste

J’ai débuté ma perte de poids en me disant que ce serait bien d’être en-dessous de 200 livres.

En avril 2015, cinq mois après le début de ma perte de poids, j’y suis arrivée. J’avais perdu 26 livres. Un beau moment que de voir 199,8 sur la balance. Une grande victoire!

Ça m’a rendue ambitieuse. Fantasque, même. Et je me suis dit que je pourrais me donner un 2e objectif : atteindre mon poids santé. 150 livres. Et tant qu’à faire, me donner un petit lousse psychologique et viser 145. Go big or go home!

Et j’ai cheminé avec ce nouvel objectif en tête.

Le problème avec la perte de poids, c’est que le niveau de difficulté va en augmentant. Plus on perd du poids, plus c’est difficile d’en perdre.

Premièrement, chaque fois qu’on entre un poids plus bas dans le journal alimentaire, le budget calorique diminue. J’ai commencé ma perte de poids en mangeant plus que 2 000 calories par jour. Je l’ai terminée avec un maigre 1 500. Ce fut affreux. Je ne comprends pas comment les gens font pour faire des diètes à 1 200 calories. Ou moins. Et arrivent à ne pas manger leur dash de char.

Deuxièmement, à la fin d’une perte de poids, on n’est plus à notre top de motivation et d’énergie. On a un peu la plotte à terre, pour reprendre l’adage de nos cousins français. Et donc ça demande vraiment beaucoup d’efforts de maintenir notre stratégie, de respecter notre budget calorique, de lever le nez sur un sac de Doritos.

Quand je suis arrivée à 155 livres, je me sentais si près du but. Les dix dernières! Le dernier droit. Encore quelques mois d’effort et ça y était!

Et là, j’ai stâlé. Peu importe ce que je faisais, je n’arrivais plus à perdre du poids. Pendant des semaines, j’ai coupé dans mes calories, j’ai rajusté mes repas, j’ai essayé d’être la plus stricte possible. C’est devenu borderline malsain. J’ai commencé à faire des choix douteux. Et je n’avais plus de fun.

Je me suis dit que j’étais peut-être dûe pour une pause de diète. C’était l’été, ça tombait bien. J’ai continué à tenir mon journal alimentaire mais je suis passée en mode maintien du poids. Ça m’a permis d’augmenter mon budget calories à environ 1 900. La classe!!! J’ai pausé tout l’été. Cocktails, rosé, grillades, crème glacée… C’est un chouette moment l’été pour une pause!

Mais, même après l’été et en re-diminuant mon budget calorique, je n’ai pas recommencé à perdre du poids. La balance me narguait. Bloquée à 155. Je l’ai insultée. Je l’ai menacée de défenestration. Mais elle est restée impassible.

J’étais frustrée. Je ne comprenais pas pourquoi je n’y arrivais pas. Ça venait invalider tous mes efforts. Comme si 72 livres, c’était poche. Comme si ça n’avait pas valu la peine.

Ça m’a pris du temps à comprendre que ce n’était pas moi le problème, ou ma méthode, ou la balance. C’était mon objectif. C’était trop pour mon corps. Et pour ma tête.

Il a fallu que je dise adieu à l’atteinte de mon poids santé. Me résigner à conserver mes dernières rondeurs.

Mais, dans le fond, je savais bien même avant de commencer que je ne serais jamais une grande mince. Il me manque quelques pouces pour ça…

Et, finalement, quand j’y pense, c’est pour le mieux. Je n’aurai pas à changer le nom de mon blogue.

4 réflexions sur “Mes échecs

  1. Josée T dit :

    Est ce qu’on peut dire que les 10 dernières t’ont mise échec et mat? Mais continuons l’association: Tu connais la stratégie de l’adversaire maintenant. Je suis certaine que tu recommenceras une partie. Juste une petite dernière….Tu ne cesseras jamais de m’épater 🎀

    Aimé par 1 personne

  2. Dominique Gosselin dit :

    Wow, des conseils vraiment pertinents. Quand j’ai commencé à maigrir, j’avais un objectif de perdre 40 livres, ensuite 50 et finalement j’ai perdu 60 livres. Avant de commencer, je me suis dit que même si ça prenait 3 ans, je finirais par y arriver, ça m’a pris 9 mois, comme une grossesse! Il faut être patient et se dire qu’on fait ça pour nous, pour être en forme et en profiter pour le reste de notre vie.

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    • Tu as tout à fait raison, il faut le faire pour soi et trouver les raisons qui nous motive! Moi, je me disais toujours que peu importe si j’essayais ou non de perdre du poids, le temps passait de toute façon. Aussi bien essayer de me rapprocher de mon objectif et ça prendra le temps qu’il faut! 60 livres en 9 mois, c’est vraiment impressionnant…

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